samedi 26 janvier 2019

PACTUM SALIS - Olivier BOURDEAUT


L’auteur nous dévoile à travers les personnages de livre des caractères très opposés, dans des lieux qui le sont tout autant. Comment imaginer en effet, qu’un paludier au travail difficile qui gagne sa vie à la sueur de son front en récoltant le sel, et un Parisien qui récolte l’argent sans état d’âme, sans avoir à se baisser, se rencontreront un jour ? Pourront-ils s’entendre, nouer quelques relations ?  Roman facile à lire où toutes les pages jusqu’à la dernière doivent être tournées ! 


Jacqueline

ET TU N’ES PAS REVENU- Marceline LORIDAN-IVENS


« … Je revois ce mot que tu m’as fait passer là-bas, un bout de papier pas net, déchiré sur un côté, plutôt rectangulaire. Je vois ton écriture penchée du côté droit, et quatre ou cinq phrases, que je ne me rappelle pas. Je suis sûre d’une ligne, la première, Ma chère petite fille, de la dernière aussi, ta signature, Shoïme. Entre les deux, je ne sais plus… »
Ces quelques mots vont souvent revenir, leitmotiv douloureux, tout au long du récit de l’auteur. Son père eût été sans doute plus présent à ses côtés, s’il était revenu d’Auschwitz comme elle revenait de Birkenau,  Bergen-Belsen, Raguhn près de Leipzig. 
Livre émouvant, écrit sobrement, sans doute comme son ultime témoignage, avec la complicité de Judith Perrignon, journaliste et romancière. Je ne sais pourquoi, mais je repose ce livre doucement en regardant la neige  et le ciel gris, tout en ayant devant les yeux la photo prise lors de reportages où l’on voit l’entrée du Camp d’Auschwitz-Birkenau sous cette neige qui, comme une gomme, tente vainement – jusqu’à présent – d’en effacer l’horreur… 


Jacqueline 


mardi 22 janvier 2019

Leurs enfants après eux – Nicolas Mathieu


Prix Goncourt 2018
Le destin de quatre adolescents Anthony, Hacine, Clem, Steph  dans la France des années 90 à Heillange, petite ville industrielle de  Lorraine. Ils sont enfants d’ouvriers, d’immigrés, de petits-bourgeois  dans cette région sinistrée depuis la fermeture des hauts-fournaux. 
Le décor est planté : il fait chaud, on s’ennuie dans cette France des petites villes moyennes. La vie s’étire sans surprise, mais ces ados rêvent d’un avenir meilleur, différent. Pourtant, les voies sont tracées, l’égalité des chances est un leurre. Le récit est passionnant, Nicolas Mathieu dépeint la réalité de l'adolescence parfois avec crudité, mais toujours d'un ton juste, de sa façon de s'approprier la vie, d'appréhender l’amour. 
Cette France des années 90 ressemble étrangement à la nôtre. Les désenchantements sont là, les inégalités déjà criantes. 
J’ai aimé ce livre !
Lily

L’hiver du mécontentement - Thomas Reverdy

 Prix interallié 2018
« L’hiver du mécontentement » c’est ainsi que le quotidien britannique "The Sun" qualifia l’hiver 78-79 au Royaume Uni  alors que des grèves paralysent le pays. Ce sont également les premiers mots que prononce Richard III dans la pièce éponyme de Shakespeare.
C’est ce rôle que doit interpréter Candice, jeune comédienne, dans une troupe exclusivement féminine. Pour gagner sa vie, elle travaille comme coursier à vélo dans un Londres en proie au désordre. Au théâtre elle croisera Margaret Thatcher encore méconnue, venue prendre des cours de diction.
Il y a aussi le personnage de Jones, quadragénaire chômeur qui a compris avant tout le monde qu’il appartiendra au camp des vaincus dans le monde impitoyable à venir.
Odile

La tresse - Laetitia Colombani


C’est le récit de 3 femmes, 3 parcours, 3 combats : Smita en Inde, Giulia en Sicile, Sarah au Canada.
Ces 3 femmes vaillantes,  liées sans le savoir par ce qu’elles ont de plus intime et de plus singulier refusent leur sort et sont décidées à se battre pour infléchir leur destin.
C’est une belle ode aux femmes, à leur courage, leur force (peut-être trop pour certains !!!)
C’est un roman qui se lit très facilement et qui diffuse de l’énergie et de l’espérance.
Ces 3 récits sont alternés et parlent des 3 femmes à tour de rôle ce qui peut gêner la lecture mais on peut lire ces 3 parcours séparément dans leur entier.
Odile 

Les cigognes sont immortelles - Alain Mabanckou


En 1977 Michel 13 ans, un garçon rêveur, vit  avec maman Pauline et papa Roger (qui a une autre épouse) dans une maison en planches à Pointe Noire au Congo. Maman fait commerce de bananes, papa travaille dans un hôtel et passe son temps à écouter la radio de la Révolution congolaise
Leur vie change le 18 mars quand le camarade président Marien Wgonabi est assassiné à Brazzaville et est remplacé par le dictatorial Comité Militaire du Parti ce qui entraîne des rebondissements imprévus dans leur sphère proche.
Par les yeux innocents et naïfs de Michel,  l’auteur retrace les mouvements importants de l’Histoire du pays que Michel observe, sans comprendre les dialogues des adultes et en évitant certains sujets car « sinon on va dire que moi Michel j’exagère toujours et que parfois je suis impoli sans le savoir ». 
ALAIN Mabanckou mélange son histoire intime à la grande Histoire en témoignant du fonctionnement politique des pays africains avec la corruption, la lutte entre les différentes ethnies, les arrangements, mais aussi l’importance de la famille…………… . 
Malgré la gravité du contexte il y a beaucoup d’humour, de second degré et de légèreté dans un style inimitable et une langue savoureuse. J’ai beaucoup aimé.
Odile

dimanche 9 décembre 2018

PAPILLON DE NUIT-R. J. Ellory



Daniel Ford, de sa cellule du couloir de la mort d’un pénitencier américain a le temps de réfléchir !  Accusé de la mort de son ami Nathan Verney, il revit « sa vie faite de trente-six ans derrière lui d’amour, de chagrin, de rire »… mais « depuis dix ans que c’est dur ! »
Comment, pourquoi, en arriver là, à ce funeste couloir ? Parce qu’à la base, il y a Nathan, garçonnet noir de six ans, parce qu’il y a Daniel, du même âge… et blanc, parce que nous sommes en 1952 en Caroline du Sud, parce qu’enfin dans ce couloir sans grand espoir d’en sortir vivant, il y a monsieur WEST à la matraque convaincante, à la parole venimeuse faite de mots assassins. Il est le maître suprême, que ce soit avec ceux qui vont mourir, ses collègues… et le directeur. 
Les chapitres alternent les réflexions sur sa vie actuelle, et le souvenir de deux enfants amis qui acceptent leurs différences au milieu d’une vie politique compliquée, raciste, de 1952 aux années 1970. Daniel a un petit défaut, qui va les entraîner dans cette descente aux enfers : il ne sait pas s’opposer même quand il devine qu’il le devrait…
Roman-thriller dur, magnifique dans une écriture fluide, poétique que vous ne lâchez qu’à regret avec l’intention  d’y revenir bien vite !


Jacqueline